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Hier, le réalisateur tunisien Chawki ElMejri était l'invité de Alae Chebbi sur Hannibal Tv, où le doigt a été mis sur pas mal de points intéressants.

Dans un mouvement très prononcé de réconciliation, une bonne partie de l’émission se voulait être une opération de charme pour tenter de renouer les liens entre le réalisateur et son pays d’origine. On apprend clairement ainsi, que, par delà des opportunités moyen orientales, des opportunités tunisiennes se profilent devant les horizons de Chawki Elmejri.

Explicitement prononcées pour certaines, implicitement pour d’autres, Ch. ElMejri , semble contrairement à beaucoup de ses compatriotes, n’avoir que l’embarras du choix d’entreprendre des projets en Tunisie. Une situation de paradoxe qui laisserait conclure que l’acquisition d’une notoriété artistique exigerait un détour ailleurs que la Tunisie. ( ?) Ce qui équivaut à dire, que l’artiste tunisien n’est reconnu chez lui, que quand il se lance dans une aventure en dehors de nos frontières, partant à la recherche non seulement de fonds de financements, mais aussi et surtout, de gens capables d’estimer et de reconnaître son talent à sa juste valeur, et qui de surcroît, manifestent une concrète volonté d’ouverture véhiculée par une réelle quête de renouvellement.

Je reviens à l’émission, où, l’effort de conquête de la part de la chaîne Hannibal auprès de Chawki El Mejri était très apparent durant la rencontre. Ainsi, on apprend que, même si ce n’est dit qu’à mots couverts, Hannibal TV envisagerait peut-être de lui confier la réalisation d’un feuilleton pour le mois de Ramadhan. En répondant à une question de Alae Chebbi à propos du budget qu’il souhaiterait avoir pour la réalisation d’un feuilleton tunisien de trente épisodes, Chawki El Mejri a évoqué le chiffres de 3 Milliards de nos millimes. Chose qui n’a pas cessé de m’étonner d’ailleurs. J’ai du mal à comprendre comment est-ce qu’un feuilleton historique avec tous les décors, les déplacements, les costumes d’époques, les castings, les travaux de recherches les localisations, les divers endroits de tournages et tout le tralala que ça nécessite, (ne nécessite que) la moitié du budget qui a été alloué pour produire Maktoub le feuilleton de ce Ramadhan ! Je ne sais pas si la comparaison a lieu d’être, mais ça me cause un léger désordre dans la pensée quand même.

Le talentueux réalisateur tunisien dont la qualité du travail continue à faire couler beaucoup d’encre dans le monde arabe en ce moment, a avoué avoir reçu des menaces de mort en réaction à certaines de ses œuvres et a déclaré n’y pas prêter attention. D’après lui, les menaces de mort qu’il a reçues, ne se rapportent pas à son feuilleton Asmahane , mais à Al-Ijtiah, feuilleton qui a figuré sur la liste des nominés aux Emmy Awards.

Outre les feuilletons, ElMejri a révélé avoir enfin obtenu l’autorisation tunisienne pour son film Mamlakat Annaml (Le royaume des fourmis ou la fourmilière). Il n’a cependant pas voulu préciser s’il a eu l’approbation suite à des modifications proposées voire imposées, ou si c’est simplement en gage d’une volonté qui commence à se mettre en place pour œuvrer à la promotion et à l’ouverture du cinéma dans le pays. Il est à noter que ce même film a auparavant été refusé à plus d’une reprise.

Dans un reportage diffusé au cours de l'émission, certains des interviewés, qui étaient des grands noms du paysage cinématographique tunisien, en parlant des années de galère de Chawki Mejri qu’il avait passées en Tunisie avant d’atteindre la gloire ailleurs, semblaient trouver normal qu'un jeune réalisateur comme lui, qui venait de terminer ses études en cinéma en Pologne et qui se lançait dans l'aventure de la réalisation d'un court métrage, doit, en plus d’avoir fait le parcours du combattant, être confronté aux inexplicables complications administratives bureaucratiques dont les réponses se traduisent par un NON catégorique à la demande de la diffusion d'un court métrage ! Motif ? Il y en aura toujours : à l’époque et d'après l'explication de Mohamed Damak : il était inacceptable qu'un réalisateur tourne un film, même un tout petit, sans avoir travaillé en tant qu'aide-réalisateur !
Bien que je ne nie pas l'apport que peuvent avoir les stages et l'enrichissement en expérience que procurent les rencontres avec des gens plus expérimentés que soi, mais, il me semble illogique qu'on mette les bâtons dans les roues des nouveaux talents. Cela revient à dire que nous sommes contre toute tentative d'entrepreneuriat dans le domaine cinématographique ou autre d'ailleurs.

Est-ce vraiment le message que voudraient entendre les jeunes aujourd'hui ?
Y-t-il des jeunes qui sont prêts à se sacrifier dix années après obtention de diplôme pour commencer à penser à réaliser un film ou même un court métrage, ça bien sûr s'ils ont bien su se garder de désespérer en cours de chemin ? !

A ce rythme là, on n'aura plus droit qu'aux films des réalisateurs expérimentés peut-être, mais vieillis certainement. Or, l'art du cinéma est en quête de brassages culturels et aussi de dialogues générationnels. Les jeunes expériences apportent de nouveaux souffles à l'art et contribuent à l'enrichissement et à la diversification des courants artistiques.

En somme, il y avait pas mal à apprendre et à déduire au sujet du cinéma tunisien dans cette émission.

On découvre principalement que derrière un air calme et une sagesse acquise, se cache un artiste à la volonté manifeste de changer une quantité de choses auprès des téléspectateurs arabes en premier lieu, que ce soit par sa vision pour le cinéma ou par ses opinions sur ce monde et qu’il s’obstine à répandre à travers ses œuvres.

On soupçonne qu’on s’attend peut-être à ce qu’il nous met en œuvre un feuilleton retraçant l’histoire d’Hannibal Barca.

On constate qu’acteurs, critiques et producteurs attendent le retour de Chawki El Mejri avec ferveur.

On remarque que la situation relevant des réalisateurs tunisiens reste pratiquement inchangée, parfois elle empire même à cause des mentalités des ces gens qui régissent le cercle très fermé du cinéma…

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